HERAKLES, LES 12 ÉPREUVES 2ème partie
Tous les Héros mythologiques doivent doivent tuer, extirper, trancher ce qui les tient prisonniers de la forme physique, et ce sont leurs combats imagés par les aèdes, les poètes, qui nous sont relatés dans la mythologie, qui constitue en fait la bible initiatique de la Grèce antique. C’est un phare qu’ont érigé les mythographes en la personne d’Héraklès.
Héraklès sacrifia toute sa famille (allégoriquement), ce qui signifie qu’il trancha tous les liens qui le retenaient prisonniers. Il est l’incarnation de celui qui nettoie les mauvaises habitudes chevillées à sa propre chair, sans notion temporelle. Les travaux d’Héraklès sont constitués par douze épreuves qui se déroulent sur une durée de douze ans. Ce même nombre que : les douze dieux de l’Olympe, que les 12 mois de l’année, les douze constellations du zodiaque…
Le nombre 12 symbolise l’ordre cosmique
La naissance, ainsi que l’enfance d’Héraklès, est significative de son destin. Héraklès est fils de Zeus qui s’unit à Alcmène pour engendrer un Héros, un mortel valeureux capable de sauver les dieux (l’homme divin). Alcmène ayant eu deux relations sexuelles, la première avec Zeus et la seconde avec Amphytrion son mari. De cette double union, il s’en suit une double naissance. Le premier né sera divin et le second sera humain. Sous le tonnerre des Olympes, Zeus se résigna à voir son fils désiré devenir le serviteur de son épouse Héra. C’est cette dernière, pour venger l’infidélité de son royal époux, imposera à Héraklès les 12 pénibles travaux.
Toutefois, Héraklès était prédestiné. Nourrisson il saisit deux serpents qu’il étrangle. Cet épisode montre qu’Héraklès savait déjà maîtriser le Feu de Zeus. Plus tard, il recevra du Centaure Chiron, une éducation initiatique. Maintenant, Héraklès est prêt à entreprendre ses travaux liés au sort de sa naissance.
La première épreuve est la destruction du lion de Némée :
Héraklès doit tuer et ramener le lion, créature invulnérable. Après avoir essayé de le surprendre par la force et les armes conventionnelles, Héraklès constate qu’il n’y pourrait rien. Lors de l’assaut du lion, sa massue brisée, Héraklès se retrouve à mains nues. Il étouffe ainsi le monstre de ses propres bras. Ensuite, il écorche le lion en utilisant les propres griffes du monstre pour entamer sa peau coriace. Après avoir nettoyé la peau du lion, Héraklès peut s’en revêtir. Après cette initiale victoire, Héraklès va toujours se vêtir de la tunique de peau.
A la seconde épreuve, Héraklès doit combattre l’hydre de Lerne :
Cet hydre reptilien, vit dans un cloaque sombre et profond. Il a sept ou neuf têtes. Quand on en coupe une, il en repousse deux, à moins d’appliquer du feu sur la plaie pour la cautériser. L’hydre est accompagné par un crabe, ce dernier sert de diversion au héros dans sa lutte. Héraklès terrasse le crabe d’un coup de talon. L’épée d’Héraklès est ainsi infaillible dans son œuvre, il coupe toutes les têtes les unes après les autres. il peut ensuite tremper ses flèches dans le sang du monstre qui est le venin mortel.
Dans cet univers sombre au possible, le héros va à la rencontre de la mort, des enfers ténébreux que chacun porte en soi. Le héros porte tellement de meurtrissures en lui que c’est par ses talons qu’il est menacé. D’autres récits racontent que les talons sont le point faible de l’individu, que c’est par là qu’il est fragilisé : le talon d’Achille.
3 – Héraklès doit capturer la biche de Cérynie :
La créature est un être instable, comme la pensée qui va et qui vient. Elle occupe toutes les préoccupations sans jamais être posée et tranquille. La biche est dotée de pieds et de cornes d’airain, elle est si rapide que personne ne peut le capturer vivante. La poursuite dure un an, la biche va par monts et par vaux à la rencontre de territoires lointains. Toutefois, elle ne se concentre sur rien, elle est partout et nulle part à la fois. C’est en douceur et avec ténacité qu’Héraklès reste à ses trousses, guettant le moment propice pour le capter pendant un moment d’inattention. Héraklès profite de l’instant où la biche dort pour la capturer avec un filet.
Héraklès doit faire preuve de patience et de sagesse en attendant le moment propice pour saisir la biche.
A la quatrième, Héraklès doit tuer le sanglier d’Erymanthe :
Pendant qu’Héraklès est à la recherche du sanglier, il reçoit l’hospitalité du Centaure Polos qui lui offre du vin. Les congénères du Centaure peu habitués au vin prennent Héraklès dans une querelle d’ivrogne. Sans discernement, le Héros les tue avec ses flèches empoisonnées de la deuxième épreuve. C’est après ce méfait qu’Héraklès traque le sanglier en le forçant par ses cris à sortir de sa tanière, parvenant ainsi à le capturer vivant.
Le sanglier qui est le but de l’épreuve est l’image des forces instinctives mâles et femelles qui composent l’unité équilibrée. En gardant vivant le sanglier, Héraklès accepte les opposés complémentaires au grand jour.
5 – L’extermination des oiseaux du lac de Stymphale :
Ces oiseaux infestent les rives boisées du lac de Stymphale, ils attaquent les gens en se servant de leurs serres et de leurs grandes ailes de fer. Ils dévastent systématiquement toutes les récoltes par leurs souillures. Ce sont de maléfiques oiseaux, dressés aux combats. Ces oiseaux se nourrissent de chair humaine. Leur envergure est si grande et leur nombre si important qu’ils empêchent la lumière du soleil d’éclairer le jour. Héraklès fait appel aux loups pour les effrayer. Surtout, il utilise aussi des crécelles d’airain fabriquées par Héphaïstos (feu) pour les débusquer afin qu’ils s’envolent. Héraklès peut ainsi tuer ces oiseaux à l’aide de ses flèches empoisonnées.
En tuant les oiseaux, Héraklès nous montre qu’il peut commencer à recevoir la lumière du soleil.
La sixième étape, Héraklès doit nettoyer les écuries d’Augias :
Héraklès doit exécuter cette épreuve en une seule journée. Les écuries du roi Augias n’ont pas été nettoyées depuis trente ans. Elles renferment trois mille bœufs. En échange de son exploit, Héraklès doit recevoir trois cents animaux. La tâche est impossible pour le commun des mortels en si peu de temps. Pour aller vite, Héraklès ouvre des brèches dans les enceintes des étables, il détourne les eaux de deux fleuves pour qu’elles s’engouffrent et traversent les écuries de façon expresse et intégrale.
Rien ne peut retenir la force de l’eau, elle doit passer lorsqu’elle est en marche. Les forteresses les plus résistantes ne peuvent pas tenir.
Passé la moitié des épreuves à l’intérieur de la Grèce, à la septième Héraklès doit terrasser le taureau de l’île de Crète :
Dans des territoires toujours plus lointain, Héraklès doit se rendre à l’île de Crète à l’appel de la divinité régnante car sa femme éprouve un violent désir pour un taureau (thème récurrent dans la mythologie à l’instar du Minotaure dans cette même île). Le dangereux taureau dévaste toutes les plaines de la région. Héraklès lutte et capture le taureau qu’il emporte sur ses robustes épaules.
Le taureau est symbole de fécondité, de grande puissance de travail, comme placé dans le Zodiaque entre l’équinoxe de printemps et le solstice d’été.
La huitième épreuve, Héraklès et les juments de Diodème :
Diodème possède des chevaux mangeurs d’hommes. Ceux-ci mettent en pièces les étrangers égarés ou naufragés et se nourrissent de leurs chairs. En réalité, les chevaux et les juments sont les enfants du roi sur lesquels, il a jeté un sort funeste. Héraklès met en déroute les chevaux-juments et capture leur père. Il donne le roi à manger aux chevaux-juments qui, dès ce moment deviennent dociles et perdent leur « monstruosité ». Les chevaux sont lâchés au mont Olympe où ils finissent dévorés par d’autres bêtes sauvages.
La neuvième épreuve et la ceinture des Amazones :
Ces femmes guerrières vivent de chasse et de pillage. Vêtues de peau de bêtes, dont seul le côté gauche de leurs corps est recouvert. Armées d’arcs, de javelines et de haches à doubles tranchants, les Amazones se protègent grâce à un bouclier en forme de croissant. Leur reine Hippolyte porte une ceinture. Héraklès doit récupérer cette ceinture, il doit tuer la reine des Amazones pour la dépouiller de sa ceinture.
Dans un premier temps, Hippolyte donne sa ceinture à Héraklès, comme un abandon de soi-même. Dans un deuxième temps suite à un imbroglio, Héraklès dût tuer Hippolyte pour lui prendre la ceinture sacrée.
10 – Héraklès se rend aux confins de la terre pour accomplir la dixième épreuve, les bœufs de Géryon :
Géryon est un géant à trois corps, trois têtes, six bras, six jambes. il habite là où se couche le soleil. Le voyage est long. Gêné par l’ardente chaleur, Héraklès doit décocher une flèche vers le soleil. Celui-ci surpris et émerveillé, Hélios lui prête une large coupe d’or, qu’Héraklès prend, il arrive ainsi à bon port. Pour repérer le troupeau, Héraklès gravit le mont inaccessible et tue les gardiens à trois têtes (Cerbères) du troupeau avant de percer Géryon de flèches. Sur le chemin du retour, après avoir rendu la coupe d’or à Hélios, Héraklès doit protéger le troupeau des brigands. Le retour vers la Grèce pour y retourner le gigantesque troupeau, Héraklès croise Pyrène dans les Pyrénées. Il s’en suit un épisode relaté dans un précédent article.
La onzième épreuve, Héraklès dans la descente aux enfers :
Pour cette avant-dernière épreuve, Héraklès vêtu uniquement de sa peau de lion, doit descendre aux enfers. Il doit retrouver et ramener le terrible Cerbère chien à trois têtes et à la queue de dragon. Incarné et mains nues, Héraklès étouffe le monstre et le traîne vers la sortie, accompagné par Hermès. Vêtu de sa peau de lion, Héraklès transcende ses vertus psychiques vers les plans divins, c’est à ce niveau que Cerbère est présent.
Le monstre à trois têtes, au visage noir est une polarité négative. Il représente ce que la lune est au soleil, la nuit au jour. Le Cerbère garde la porte des enfers, là où siègent toutes les âmes des plus vertueuses aux plus méchantes. les enfers, symboles de la mort sont aussi le symbole de la résurrection.
La douzième épreuve , les pommes d’or du jardin des Hespérides :
Loin à l’horizon du côté du soleil couchant dans la région de Géryon, le Jardin des Hespérides contient des pommiers qui ont des fruits en or. le Jardin des Hespérides est gardé par un dragon. Héraklès doit d’abord trouver son chemin. Il croise le vieillard Nérée qui connaissait tous les secrets de la mer. Nérée a coutume de prendre les formes les plus fantastiques lorsqu’on essaie de l’attraper. Malgré toutes ses transformations en lion, serpent et flammes, le vieillard fournit l’itinéraire. Aux portes du jardin se trouve Atlas qui porte le ciel. Ce dernier s’offre de cueillir les fruits divins si Héraklès veut bien porter le ciel. Héraklès accepte, par la suite Atlas ne voulût plus reprendre sa place initiale. Héraklès doit utiliser un subterfuge pour rendre le ciel à Atlas, le temps de se confectionner un coussin pour ce lourd fardeau. Atlas accepta et Héraklès peut aller sur le chemin du retour rapporter trois pommes d’or.
Dans son attitude avec Atlas, Héraklès a plus que la force, il a l’intelligence, l’intuition. Héraklès est bien entre ciel et terre dans sa conquête des pommes d’or, le Graal cosmique ou tout autre représentation de l’élévation suprême dans le domaine spirituel.
Ainsi se termine le cycle des 12 épreuves. Dans un prochain article, nous étudierons le rapport aux douze signes du zodiaque de chacune des 12 épreuves. Ensuite, nous verrons la suite de l’histoire du Héros. Il ne suffit pas d’être initié… La question est de savoir quoi faire de cette quête initiatique pour emprunter un autre chemin, celui de la spiritualité…
Le lien avec le livre dans lequel sont développés tous les éléments présents dans les parties 1, 2 et 3 (à venir) : https://www.hesperides-editions.fr/produit/herakles/